DIONYSUS LIVES

Notre performance s’inspire des Bacchantes d’Euripide. Il s’agit de l’histoire de Penthée, roi de Thèbes, qui refuse de célébrer le dieu Dionysos, et qui va le payer de sa vie. Comme toutes les tragédies grecques, celle-ci montre les dangers de l’excès : Dionysos punit celui qui par un excès de sérieux, et d’apparente rationalité, refuse sa part animale et sauvage.

 

Dionysos apporte une sacralité à l’art, à la sauvagerie, au vin et à la fête. Il unit les humains et les animaux, les hommes et les femmes, les riches et les pauvres. C’est un dieu de carnaval, de libération, un dieu de la terre et du théâtre.

Comment célébrer Dionysos en 2016 ? Comment retrouver le mysticisme antique de la fête ? Nous menons une recherche sur diverses formes de danses, de musiques rituelles, sur l’oralité, et sur la construction de l’interaction avec le public. Notre célébration cherche à briser des frontières. Nous souhaitons amener le public à partager avec nous les chants, les danses et le vin pour cette fête dionysiaque!

THE ARTHUR RIMBAUD ORCHESTRA

Sur scène, une guitare électrique, une belle dame dans une robe noire, un clochard accordéoniste qui sent le vin séché, une marche funèbre du XVIIe siècle et partout, Rimbaud. The Arthur Rimbaud Orchestra n’est pas une pièce de théâtre : c’est un concert de rock.

Si Rimbaud avait eu une guitare électrique à New-York dans les années soixante-dix, sans doute serait-il monté sur scène pour hurler sa poésie dans un groupe de punk. L'objectif de ce spectacle-concert est de livrer Rimbaud avec cette force brute.

Le spectacle commence par Rimbaud qui raconte des histoires et des scènes de sa vie. Il raconte, en sale gosse, la médiocrité et les joies de son existence d'enfant fugueur enfermé par l'Eglise, par la bourgeoisie et par sa mère. Les poèmes que nous avons choisis respirent l’innocence et l’érudition, le blasphème et la mystique. Et peu à peu, ces révoltes et ces fascinations deviennent moins narratives, les poèmes deviennent plus longs. Il se perd avec jubilation dans une recherche de poésie pure pour terminer avec Le bateau ivre, dernier poème et bouquet final.

 

 

PROJETS ANTÉRIEURS

ARCHIPEL

Dans une île proche d'un pays rongé par une dictature et une guerre civile, des hommes débarquent fuyant le continent. D'autres partent, pour tenter de s'impliquer dans le conflit. L'arrivée d'une inconnue bouleverse les habitants de l'île et les amène à s'interroger sur leur propre choix devant une réalité terrifiante.

 

La violence n’est pas spécifique à notre époque, mais dans une ère où l’information circule à la vitesse de la lumière, impossible de ne pas être confronté aux tragédies du monde. Nous sommes les témoins informés et impuissants des agissements de Daesh, de l’augmentation des viols en Inde, ou de la montée des partis racistes en Europe.

 

Wendy, l'héroïne de Peter Pan de James Matthew Barry, fait le choix de retourner à Londres, dans le monde réel. Elle renonce à l'enfance éternelle du pays imaginaire. Qu'est ce qu'elle y gagne et quels sont les risques? Quitter l'île, c'est pouvoir agir sur le réel, le modifier mais aussi pouvoir être blessé par lui. C'est ce choix de quitter l'île - lieu où l'on peut vivre protégé du reste du monde- qui nous a inspiré Archipel.

 

FESTIVAL EN DEHORS

Du 16 au 21 février 2015, l'Université Paris III-Sorbonne Nouvelle confie à La Malle des Indes une « carte blanche » d'une semaine au cours de laquelle le collectif investira le campus Censier afin de présenter aux étudiants et aux visiteurs plusieurs créations autour du thème « En dehors ». Si certains de ces travaux ont été élaborés spécifiquement pour cette occasion, d'autres sont appelés à être repris et développés dans les mois à venir. 

 

Nous serons donc ravis de présenter le travail en cours sur la pièce "Archipel" de Matthieu Tricaud, une installation d'Anya Gleizer et Pablo Valcarce, une création visuelle et sonore de Camille Tricaud et Corentin Borges, un journal éphémère réunissant textes et illustrations de différents membres du collectif et bien d'autres choses encore que nous vous invitons à venir découvrir au fil de cette semaine.

LE CAUCHEMAR DE MORPHÉE

Notre projet consiste à poser la question de la place accordée au sommeil dans nos vies quotidiennes et invite à réfléchir sur un temps qui ne produit rien, ne consomme rien, mais permet justement de s'arrêter un instant pour prendre du recul sur un rythme qui parfois semble nous dépasser. Ce temps passé endormis ou dans un demi-sommeil, ce temps passé en dehors de toute exigence d'effectivité, ce temps constitue un moment de lâcher-prise absolu, un moment, durant lequel l'on accepte de ne plus contrôler le fil de nos pensées et les associations folles qui peuvent en résulter, un moment ou l'individu se retrouve seul avec lui même et ses perceptions. En proposant au spectateur de se projeter, à travers la narration, dans un monde futur qui aurait éliminé le sommeil pour des raisons économiques, nous l'invitons à réfléchir au sens que lui ou elle, au quotidien, donne au sommeil, aux rêves et à la rêverie, à ces moments de perte de contrôle, à tout ce qui soudain nous tire "en dehors" d'une réalité connue.

"On peut rêver de tout, on peut rêver de rien, on peut rêver qu’on rêve, on peut même rêver justement qu’on ne rêve pas. Après des dizaines d’histoires de mondes rêvés, j’imagine un monde où les rêves ne seraient plus"

 

JAZZ

Jaz, c'est celle qui essaie, qui se bat pour dire, ce qui s'est passé . Par le mot et la note, elle cherche ce qui lui reste ; à elle qui n'avait rien et à qui on a tout pris. Une femme est seule en scène, seule avec un jazz. Un jazz et un chaos de mot. Entre les problèmes de syndics, le mystérieux cimetière de la cité, son amie Oridée « belle à en réveiller un mort », Jaz. « Jaz, ce n'est pas moi » elle ne cesse de le répéter, comme pour se défendre de ce qui est arrivé. Elle raconte et inexorablement se rapproche de ce qui doit être dit. Le viol dans tout ce qu'il a de cru et d'indicible. Dire pour pouvoir se reconstruire, essayer de vivre.

 

Une scène avec trois immenses marionettes de tissus blanc, Jaz (intérpreté par Marion Roy) déambule autour de celles-ci. Le musicien (Thibaud Enguehard) est la figure de plusieurs des personnages dont parle Jaz. C'est un monologue accompagné de différents styles de musiques, Nina Simone en passant par du rock psychédélique, ainsi de que de la danse, du mouvement. 

LES CONTES DU LOGICIEN

Prosper et Santy forme une couple atypique ; lui est un mathématicien renommé, elle est une boxeuse professionnelle. Ils voient leur vie bousculée par l’arrivée d’une mystérieuse lettre. En tentant de sauver leur histoire, ils s’embarquent dans une fièvre onirique, s’enfonçant de plus en plus profond dans d’autres réalités, qui ne tiennent debout que grâce aux mathématiques théoriques de Prosper, peut-être trop théoriques.

 

Les Contes du Logicien est une pièce théâtrale qui relate l’histoire d’amour impossible d’un mathématicien et d’une boxeuse. La pièce met en avant la frontière subtile qui existe entre les mathématiques et la philosophie, entre la réalité et les projections fantasmagoriques de l’esprit. La musique, composée par Corentin Borgès, constitue l'un des éléments fondateurs de la pièce. Rock, allant jusqu’au punk, la pièce laisse la place à l’humour et au ridicule. Produite par La Malle des Indes en 2013, Les Contes du Logicien transporte ses spectateurs au royaume de l’illusion ; pour arriver à un tel mirage, la pièce se nourrit de techniques de tous horizons, du Butô japonais au travail de Pina Bausch.

 

“Plein de l’effervescence de la jeunesse!” Christophe Ravin. Radio VFO